CAP Pâtissier : Trouver la bonne entreprise

J’écris cet article pour partager mon histoire en tant qu’apprentie pâtissière. Le but est d’aider quelques personnes qui se posent des questions sur la formation en entreprise. Je vous raconte ma propre expérience, et comment je l’ai vécu.

Il en découlera des conseils en conclusion.

C’est dans les mauvaises choses que l’on apprend le plus. C’est ce que je pense essayer de transmettre ici dans ces quelques lignes.

Une embauche trop facile

Attention à l’ entreprise dans laquelle vous postulez !

Je dois admettre que la première année n’a pas été facile à vivre.

 

La première étape avant l’inscription à la formation est de trouver l’entreprise qui voulait bien m’accepter en apprentissage pour le CAP pâtissier. Oui, car on ne peut pas être admis en CFA si l’on n’a pas trouvé de patron.

 

Enfin, après de difficiles et longues recherches par internet et après plusieurs coups de téléphone par jour, j’obtenais un rendezvous avec un employeur pour travailler en boulangerie. Comme pour tout entretien, je m’y étais préparée. Mon CV et ma lettre de motivation n’attendaient plus que d’être lus.

A ma grande surprise, l’ entretien fut très rapide, l’ employeur m’embaucha directement et me donna rendez-vous pour commencer quelques jours après.

 

CAP Pâtisserie trouver la bonne entreprise

 

Le prochain rendez-vous était prévu pour aller rencontrer les deux pâtissiers avec lesquels j’allais travailler. Je découvrais alors à ce moment là, une partie des lieux, un autre employé et la responsable de vente. Le patron était absent.

 

Les deux pâtissiers étaient sympas. Du moins, ils en avaient l’air. Un des deux me demanda si j’avais déjà fait de la pâtisserie.

Je répondis positivement, enfin comme tout le monde à la maison. Il ajouta  : « Alors, tu en as jamais fait. » Il me communiqua ensuite une liste de choses et d’affaires à prendre pour être prête à venir travailler.

 

Je devais donc m’organiser, me rendre dans un magasin professionnel et acheter ma tenue. Les chaussures de sécurité, le tablier, les torchons, etc. Grâce à un proche qui est gérant d’une entreprise, j’avais pu acheter ma tenue complète chez Métro. Si vous aussi vous avez quelqu’un dans votre entourage qui est inscrit chez ce magasin pour les professionnels, profitez-en ! Si ce n’est pas le cas, il existe plusieurs e-boutique sur le net qui vendent des tenues professionnelles dans tous les domaines.

 

Découverte de l’activité

Le premier jour de travail se passa plutôt bien. Mais le plus dur pour moi était de commencer à 5h du matin.

Après quelques jours de travail, j’avais compris dans quel type d’entreprise j’étais tombée. Moi qui pensais apprendre les bases de la pâtisserie, je me retrouvais à cuire des fonds de tarte surgelés, des croissants et pains au chocolat surgelés. Mélanger de la poudre à de l’eau au batteur en guise de crème pâtissière.

 

La chose positive malgré tout, c’est que j’appris à glacer des éclairs assez rapidement. Mais, là encore, même la pâte à choux était achetée. La pâte feuilletée également.

 

Un patron pas sérieux

Du côté de mon patron aussi, il y avait des complications. Je lui avais donné des documents à remplir et à renvoyer à la chambre des métiers. Après plusieurs tentatives pour lui demander où est-ce qu’en était le déroulement ( il eu fallu plusieurs semaines pour qu’il s’en occupe), il m’ apprit qu’il avait perdu les documents. Heureusement cette histoire fut réglée plus tard.

Parlons rémunération maintenant. Il fallait que je communique un RIB pour pouvoir recevoir en virement, mon salaire chaque mois. Là aussi, toute une attente. J’ai dù lui donner deux fois, car oui, j’ai quand même retrouvé un jour, dans le laboratoire, mon RIB qui traînait par terre. Je me souviens l’avoir ramassé en pensant que ce patron se foutait de moi.

Décidément, il n’était pas fait pour la paperasse.

 

Quelques mois ont passé.

 

Je me retrouvais à discuter par hasard avec un des employé tout en travaillant. Dans la discussion, il m’appris quelque chose de surprenant. Je dirais même vexant.

Il m’annonça que mon patron avait eu l’intention de me licencier .

Je ne comprenais pas. Je faisais pourtant bien mon travail. L’employé me « rassura » et m’affirma que ce n’était pas en rapport avec mon travail.

En réalité mon âge en était la cause.

 

Si vous avez visité ma page « A propos » vous avez peut-être pu lire que j’ai obtenu un bac en 2010. J’ai commencé la pâtisserie en 2014, à 21 ans. Pour mon patron j’étais donc trop vieille. Je lui coûtais trop cher. Je lui avais pourtant indiqué mon âge sur mon CV. En réalité, il ne l’a jamais lu, et s’est rendu compte trop tard de son erreur.

 

Attention à trouver la bonne entreprise qui pourra vous rémunérer correctement en tant qu'apprenti selon votre âge et l'année de votre apprentissage. Prenez garde de ne pas juste être un élément en plus de productivité et non un élément pour lequel il faut transmettre le métier.

 

Ce fut la confirmation une nouvelle fois que ce patron se payait ma tête. Son entreprise etait une entreprise semi industrielle. Ce qui voulait dire : fabrications à la chaîne. J’en concluais donc, que tout ce qu’il voulait n’était autre qu’une paire de bras en plus.

 

Le fait de transmettre un métier à des jeunes ne l’intéressait strictement pas. Pour lui, seul le côté financier comptait. Le jeune apprenti de 16 ans, forcément coûtait moins cher qu’un apprenti de plus de 20 ans. C’est l’unique raison pour laquelle il voulait me virer.

Mais au final, pourquoi ne l’avait-il pas fait ? L’employé qui me raconta cela, m’expliqua qu’il avait réussi à le raisonner. Ce qui n’empêcha pas le patron de me rémunérer avec parfois 15 jours de retard.

 

Concernant les fabrications, apparemment il n’y connaissait rien. Forcément, puisqu’ il n’était pas du métier .

Les horaires

En ce qui concerne les horaires ce n’était pas à mon avantage non plus. Les heures pendant lesquelles un apprenti doit travailler étaient largement dépassées par celles que je faisais.

J’étais définitivement, totalement, exploitée par cette entreprise.

 

Mais où est-ce que j’étais tombée….

 

 

Attention aux salariés de l’ entreprise

Un des pâtissier, était déjà entrain d’écouter la musique le volume à fond dès que j’arrivais à 5h du matin. Oui enfin, le mot « musique » était un bien grand mot par rapport à ce qu’il écoutait.. « Chacun son truc » comme on dit, mais ce n’est pas une raison pour que les autres le subissent.

 

Le deuxième pâtissier était « sensé » être mon maître d’apprentissage. Le problème c’est qu’il était tellement dégouté du patron et par la quantité de « pâtisseries » que l’on devait réaliser, qu’au final il n’avait nullement le temps, ni l’envie de m’apprendre. Il se contentait du minimum. Ce qui est logique vu que l’on ne faisait en grande partie que de l’ assemblage….

 

Il y avait ensuite le boulanger qu’on entendait (souvent) rire au loin.. et qui prenait régulièrement la pause cigarette.

 

L’employé du coin sandwichs quittait son poste de temps en temps, venait raconter sa blague en pâtisserie, brassait du vent quand il pouvait, et reluquer les clientes en même temps qu’il faisait ses sandwichs, puisqu’il avait une vue sur la boutique.

 

Enfin, la responsable de vente, agréable, de loin la moins méchante, mais pouvait se laissait aller de temps en temps dans la moquerie, dans le dos des gens.

 

L’ambiance au travail

Parlons de l’ambiance générale, à présent. Elle très importante pour garder un mental en forme. Mais pour moi ce ne fut pas le cas..

Vous connaissez cette impression, cette sorte d’ambiance où vous ne vous sentez pas à l’aise ? Aujourd’hui j’appelle ça l’ hypocrisie. Elle planait dans l’atmosphère du laboratoire tous les jours. Tout le monde critiquait tout le monde dans le dos.

 

Quelque chose me disait de ne pas me rapprocher des personnes qui travaillaient dans cette entreprise. De toute manière je n’y arrivais pas. Au début je pensais que c’était lié à mon côté réservé. Et non à l’hypocrisie qui régnait. J’ai donc pensé pendant très longtemps, et toute l’année pour être honnête, que le problème venait de moi.

 

Pourtant il se passait des choses qui, avec du recul , m’ont fait comprendre, qu’en réalité, je n’étais pas avec les bonnes personnes. Il est vrai que, garder un côté réservé pendant toute une année avec les mêmes personnes était bizarre. En général quand on fait de nouvelles rencontres, nous sommes sur la réserve au début. Ensuite, après avoir cerné les gens, notre personnalité naturelle ressort.

 

Ce qui est sur, c’est que la totalité des employés se moquaient de moi dans mon dos. Ils le faisaient bien entre eux, je ne vois pas pourquoi je serai passée entre les mailles du filet.

Quand on apprend une nouvelle chose dans notre vie, on est forcément beaucoup plus lent que des personnes qui font la même chose pendant des années. J’avais cru comprendre qu’en pâtisserie, ils m’avaient donné un surnom par rapport à ça.

 

Vous vous souvenez de ce que je vous disais, de l’employé qui me raconta qu’il avait empêché le patron de me virer ? C’était l’employé des sandwichs.

Quand on vous apprend une chose comme celle là, on se dit que cette personne nous veut du bien .

Naturellement ensuite, le feeling passait un peu plus avec cette personne qu’avec les autres.. Et pour le coup, cela s’est vu. Après quelques temps, j’étais loin d’imaginer ce que j’allais découvrir. J’appris que ce fameux employé des sandwichs avait raconté aux autres que j’étais amoureuse de lui, et que j’ avais essayé un jour de le coincer pour l’embrasser .

 

J’ai compris plus tard que cette personne avait raconté ce mensonge pour rendre jalouse la responsable de vente dont il était amoureux. Pas le cas pour elle. Ces deux-là enchaînaient les histoires, les mauvaises têtes, et moi j’étais au milieu. Je peux vous dire que ça fatigue moralement.

Après tout, tout ce que je voulais c’était réussir mon CAP pâtisserie, et non me retrouver au milieu de leurs histoires. Car évidemment, c’est moi qui en récoltais les frais..

 

 

Un jour, mon « soit-disant maître d’apprentissage », décida de partir. Depuis, plusieurs pâtissiers arrivaient puis repartaient aussitôt. Je connu trois pâtissiers dans l’année.

 

BREF !

Tout cela ne m’aidait pas, et c’était mal parti pour réussir le CAP Pâtissier à la fin des deux ans.

 

Changer d’entreprise

 

Si l'entreprise dans laquelle vous travaillez ne vous convient pas tant dans l'apprentissage que dans l'ambiance générale, arrêtez tout, et changer d'entreprise le plus vite possible.

La priorité absolue était donc de changer d’entreprise.

Je ne pouvais pas continuer de travailler dans cette entreprise la deuxième année, et prendre le risque de rater mon diplôme.

Il faut savoir reconnaître l’ordre de nos priorités.

De temps en temps les matins quand j’arrivais, je retrouvais mon poste de travail totalement encombré de cartons et autres.

Je peux vous dire que lorsque vous arrivez à 5h du matin et que vous voyez votre poste en désordre, totalement inutilisable alors qu’il était rangé la veille, ça ne motive pas pour le reste de la journée.

 

Les raisons qui me poussaient à partir :

 

  • L’hygiène des locaux n’était pas au rendez-vous.
  • Le patron ne m’aidait pas. Il osa même me dire un jour que je « n’arriverai à rien dans ma vie ».
  • Je n’apprenais aucune base.
  • J’étais démotivée.
  • J’avais perdu confiance en moi.
  • Les employés étaient loin d’être des exemples.
  • L’hypocrisie me bouffait.

 

Alors, quel intérêt j’avais de rester dans cette entreprise ?

Ma décision était prise, je devais quitter les lieux. Sans en parler à personne j’ai commencé mes recherches.

Ce fut finalement mon professeur de pâtisserie au CFA qui me donna un gros coup de main. Je pu, grâce à lui entrer dans une grande entreprise de restauration et de jeux. Il m’avais affirmé que là-bas je serai sûre d’apprendre. Je pouvais lui faire confiance.

 

Conclusion : les erreurs à éviter

Dans la précipitation cela arrive très souvent que l'on fasse des erreurs, mais on peut apprendre de celles-ci et rectifier le tir en changeant d'entreprise et en trouvant le bonne.

 

Il est important d’avoir les bons outils pour trouver la bonne entreprise, et rapidement.

Lorsque vous recherchez un patron depuis un moment, et que vous êtes désespéré comme je l’ai été, décider d’ accepter de travailler pour n’importe qui n’est pas la solution.

 

Lors de l’entretien, je vous conseille de poser toutes vos questions que vous aurez préparées en amont.

Demandez de visiter les lieux.

Demandez quelles types de pâtisseries y sont réalisées.

Osez même demander pourquoi cet employeur embaucherait des apprentis. Est-ce que ce serait tout simplement par intérêt financier, ou est-ce que ce serait réellement pour transmettre le métier ?

Vous devez le savoir avant de vous engager. Ne vous précipitez pas comme je l’ai fait.

Augmenter votre réseau, c’est grâce au bouche-à-oreille que vous trouverez la bonne entreprise.

 

Pour ma part je me suis contentée des appels téléphoniques et des sites Internet. Ce fut une mauvaise idée.

Le mieux à faire et d’ aller voir directement l’entreprise.

Plus vous aurez d’idées sur l’entreprise dans laquelle vous postulez, et plus vous saurez ou non si vous devez y travailler.

 

Dernier conseil au niveau des employés. Ne prenez pas à coeur leurs histoires. Ne rentrez pas dans leur jeu. En travaillant dans cette entreprise je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer à quel point l’hypocrisie est contagieuse. Faites attention. Ne vous perdez pas.

Vous n’êtes pas en entreprise pour vous faire des amis et connaître tous les ragots qui s’y raconte.

Vous avez un objectif, l’obtention de votre CAP. Tenez le cap. Restez motivé et entourez-vous des bonnes personnes, car deux ans, c’est long.